Le rhum, c’est avant tout des hommes et des femmes qui œuvrent chaque jour pour que la magie opère, pour que les gorgées qui seront dégustées vous offrent le plus savoureux des voyages.

Afin de percer une partie de cette mystérieuse alchimie, nous avons donné rendez-vous en « Tête-à-Tête » à celles et ceux qui, par leur savoir-faire et leur passion, transforment la « matière brute » en « élixir d’exception ».

En 13 années, nous avons tissé des liens étroits avec ces figures emblématiques du milieu qui nous ont accordé leur confiance et sommes aujourd’hui très heureux de partager avec vous ces échanges privilégiés.


#01 ... AVEC CHANTAL COMTE

[ 28.05.2021 ]

Déterminée, libre, influente, généreuse et passionnée, son intuition comme son « nez » sont sans aucun doute aussi redoutables que redoutés ! Une seule ambition l’anime : celle de partager le bon et le beau. Et pour cela, Chantal Comte parcourt les plus grandes Maisons martiniquaises pour sélectionner - sous sa propre marque - « des rhums qui ont une âme et une histoire ».

Ultime reconnaissance de son travail, ses cuvées sont très régulièrement récompensées par les plus hautes distinctions des concours français et internationaux.

Rencontre avec une femme de tempérament qui se livre sur son parcours, sur la tendresse qu’elle voue à la Martinique et qui nous parle évidemment de ses dernières nouveautés, attendues avec la plus grande impatience fin juin !

Philippe de Pompignan (PDP) et Marika de Pompignan (MDP). Bonjour Chantal !

Chantal Comte (CC). Bonjour Marika, Bonjour Philippe, vous allez bien tous les deux ?

MDP. Nous allons très bien, merci. Désolés de ces petites minutes de retard, nous calions la technique (rires) ! Voilà, les téléphones sont chargés de tous les côtés, nous pouvons débuter ce « tête-à-tête ».

CC. Parfait, je suis prête.

Chantal Comte

Philippe de Pompignan (PDP). Alors Chantal, je vous propose de commencer par le commencement, n’est-ce pas ? Pour quelles raisons êtes-vous « tombée dans le rhum » ? Qu’est-ce qui vous a attirée à vos débuts dans cet univers ?

Chantal Comte (CC). Vous savez, Pasteur disait que le hasard ne prend que sur des esprits préparés. Ce n’était pas mon cas car je n’étais pas préparée à cela, dans la mesure où j’étais vigneronne pendant 35 ans au Château de la Tuilerie, notre propriété à Nîmes.

J’étais donc très occupée par le vin qu’il me fallait vendre à travers le monde dans une appellation « Costières de Nîmes » qui, à l’époque, n’avait pas la notoriété qu’elle a maintenant. Le fait qu’elle appartienne à la « Vallée du Rhône » a changé le regard sur cette appellation, et j’ai contribué à cela un jour en piquant une colère. La Vallée du Rhône nous avait acceptés mais ne nous autorisait pas à le mettre sur l’étiquette. C’est ma détermination qui a permis l’obtention de cette appellation « Vallée du Rhône », ce qui a beaucoup changé les choses.

Nous n’étions pas censés parler du vin mais je raconte quand même mon passé de vigneronne.

PDP. Au contraire, c’est très intéressant de mettre en lumière cette passerelle entre ces deux univers.

CC. Comme l’appellation n’avait pas beaucoup de notoriété, je me suis dit qu’il faudrait quand même quelque chose qui tire mon appellation par son étrangeté, son originalité. J’accompagnais régulièrement mon père et mon mari en Martinique, et l’année de mon mariage, en 1964, mon mari y a acheté une affaire de distribution automobile. Je dois dire que je n’étais pas tellement intéressée par les voitures puisque je ne reconnais même pas la mienne…(rires)

PDP. Chacun son domaine !

CC. Mais il est vrai qu’en tant que vigneronne, tout ce qui était liquide, tout ce qui était alcooleux m’intéressait. J’ai donc commencé à faire le tour des distilleries et ai découvert des merveilles qui à l’époque étaient méconnues puisqu’en 83, le rhum n’avait aucune lettre de noblesse. C’était quelque chose de méprisable, une « boisson pour dockers », comme me l’avait dit un acheteur anglais… Je me suis toutefois passionnée pour ce produit, même s’il n’avait pas beaucoup de débouchés – il n’en avait même aucun ! – et j’ai eu la folie de dire « moi je veux participer à ça ». Je me suis obstinée en femme libre, et je me suis dit « personne ne m’enlèvera l’idée qu’un jour ce sera quelque chose de grandiose », mais j’ai attendu 20 ans avant d’y arriver ! Je dois dire que je porte une tendresse toute particulière à cette île, parce que je trouve que tout y est beau, tout y est bon.

PDP. Votre obstination a payé, Chantal, et votre intuition a également été déterminante.

CC. C’est en effet une intuition plus qu’une réflexion parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’études de marché, dont je me méfie d’ailleurs car mon expérience prouve qu’elles sont souvent tellement conventionnelles qu’elles passent à côté de beaucoup de choses. Je n’avais pas non plus demandé à des spécialistes quelles étaient mes possibilités de vendre à travers le monde. J’ai fait cela à l’instinct et m’en réjouis.

Je trouvais tellement injuste que l’on ne parle que du Cognac et de l’Armagnac, vaguement aussi du Calvados, quand on citait les grands alcools français. La Martinique, c’est la France, donc j’ai estimé qu’il manquait là une partie de son identité.

Vous savez Philippe, dans ces années, tout était à vendre à la Martinique. J’aurais pu, si j’en avais eu les moyens, faire un stock colossal. Mais enfin, il ne faut jamais « pleurer sur le lait répandu », donc je n’ai pas acheté beaucoup mais j’ai acheté régulièrement la crème de la crème, c’est-à-dire ce que les distillateurs se gardaient comme réserve pour eux-mêmes : des trésors.

Lorsque je les faisais goûter en France, les gens n’en revenaient pas et me disaient que cela n’avait rien à voir avec le rhum qu’ils connaissaient. Ensuite ils me demandaient tous où j’avais déniché cela. Chaque fois que j’en avais l’occasion, je plantais une petite graine en disant « n’oubliez pas le rhum ». Cela ne servait parfois à rien mais petit à petit, cela finissait malgré tout par influencer un peu de ceux que je rencontrais.

PDP. Pouvez-vous nous dire quelles sont les personnes qui vous ont marquée, attirée et formée dans cet univers ?

CC. C’est André Depaz, un grand distillateur, un grand agriculteur de la Martinique et Paul Hayot, responsable technique de la distillerie qui, par amitié, m’ont tous deux prise sous leur aile et m’ont formée à la dégustation du rhum. J’avais le sentiment d’être une éponge qui, avec passion, recevait et retenait tout ce qu’ils me disaient. Au début je voulais aider André Depaz avec sa marque « Plantation de la Montagne Pelée » mais c’est lui qui m’a poussée à mettre mon nom - Chantal Comte - en valeur, tout en m’offrant la jouissance de la dénomination « Plantation de la Montagne Pelée » qu’il n’utilisait pas à l’époque (*). Si je l’ai utilisée, je ne l’ai évidemment pas déposée par délicatesse, et par amitié. A la mort d’André Depaz quelques temps après, j’ai donc perdu la marque. Comme quoi il faudrait parfois être un peu plus « requin » mais ce n’est pas mon tempérament et je ne regrette pas d’avoir agi ainsi. Ensuite j’ai créé ma marque qui était la Tour de l’Or et qui est devenue la cuvée Phare de ma gamme.

(*) NDLR. Toutes les bouteilles Depaz font désormais apparaître la mention « Plantation de la Montagne Pelée »

la tour de l'or

PDP. Et qu’est-ce qui guide vos sélections aujourd’hui ?

CC. J’aime le beau et le bon, et c’est cette envie de belles et bonnes choses qui guide mes choix. Je ne suis jamais aidée dans la dégustation des fûts que je sélectionne et c’est ce qui me plaît.

Je suis née avec un palais et un nez qui fonctionnent bien, et je m’y fie très égoïstement. Donc à partir du moment où je détecte des défauts, même si l’on me dit que ça se vendrait bien parce que c’est dans le goût commun, cela m’est égal. Lorsque cela ne correspond pas à ce que je souhaite, je m’arrête là.

De toute façon je ne cherche pas à vendre des quantités puisque je n’ai pas de quantités à vendre. Je ne peux pas faire un assemblage de la crème de la crème en en faisant des milliers et des milliers de litres !

PDP. Parlons justement de votre signature. Quels sont vos critères de sélection, quelle est la patte « Chantal Comte » ?

CC. Vous savez, même lorsque mon rhum ne se vendait pas et que l’on me disait « c’est parce que tu fais des rhums bruts de fût, c’est parce que tu ne mets pas de sucre, tu devrais ajouter du caramel qui adoucirait l’ensemble… » Ah, non non non ! Je ne voulais et ne veux pas en entendre parler ! J’évite tout ce qui est artificiel.

Au départ les gens aiment les rhums sirupeux, sucrés, très foncés, cela leur donne une idée de ce que pouvait être la boisson des pirates. Mais c’est justement avec André Depaz et Paul Hayot que j’ai appris à déguster et à n’aimer que les rhums blonds, les rhums sans artifices.

MDP. Des rhums authentiques.

CC. Oui, authentiques. Comme les Bruts de fût que j’ai été la première à faire. Je n’essayais pas d’être originale mais de faire « le plus pur » possible.

PDP. Vous avez été novatrice en effet. Pensez-vous que les « Brut de fût » répondent désormais à une tendance du marché ?

CC. Alors vous savez, comme disait Chanel, si on n’est pas imité, c’est que ça ne vaut rien. Donc c’est vrai que j’ai été la première à en faire, et longtemps la seule, parce que les gens considéraient qu’un 67,5°, c’était quand même beaucoup ! J’éduquais mes clients, mon entourage, à déguster le Brut de fût. Il ne se boit pas d’un trait comme ça se fait en Chine, il faut en prendre quelques gouttes seulement. Cela suffit à livrer une analyse totale.

Il y a trois ans, lorsque j’ai sélectionné La Tour de l’Or chez La Mauny, Daniel Baudin - dont je respecte énormément le travail parce qu’il correspond à mon goût, à ma philosophie et que j’aime également beaucoup - m’avait préparé des échantillons de 48 barriques parmi lesquelles j’ai sélectionné 16 fûts.

La dégustation avait lieu de 8h jusqu’à midi mais comme je ne prenais que 2 gouttes de chaque échantillon, au bout du compte j’avais bu l’équivalent d’un petit verre. J’étais donc parfaitement en état de conduire malgré ce que l’on pourrait imaginer après une telle matinée. (rires)

MDP. Lorsqu’à vos débuts, vous sollicitiez des Maisons de renom pour réaliser vos sélections, quel était l’accueil qui vous était réservé ?

CC. Alors au début, on m’a vue venir comme le Messie. J’arrivais dans un domaine que je ne connaissais pas, avec une ferveur et un enthousiasme extraordinaires, et les distilleries étaient face à de réels problèmes de vente, donc j’arrivais presque en « sauveur ».

Après, lorsque mes cuvées ont rencontré le succès, je pense qu’ils se sont dit « pourquoi elle et pas nous ? ».

Je ne considère pas les rhumiers qui m’entourent comme des adversaires car je ne ferai jamais les quantités qu’ils font, je respecte totalement le travail qui est fait en Martinique et je trouve que les choses ont beaucoup évolué. Le rhum est devenu à la mode, et puis certains font des choses magnifiques.

PDP. On ne vous sent pas dans « l’urgence du business », ce sont vraiment les choses qui viennent à vous, une inspiration du moment, une émotion…

CC. Vous savez, Philippe, il se passe parfois 3, 4 ans avant que je sonde quelque chose. Alors la prochaine cuvée de l’Arbre du Voyageur - si j’arrive à en sélectionner une ! - n’aura rien à voir avec la précédente et cela n’a d’ailleurs aucune importance.

PDP. En préparant cet échange, nous pensions à des figures comme Joy Spence (Maître-Assembleur Appleton Estate, Jamaïque), Nathalie Guillier-Tual (CEO de BBS regroupant Maison La Mauny et Trois Rivières, Martinique) et d’autres. On ressent bien l’émergence de femmes qui ont de plus en plus d’influence dans ce « milieu d’hommes ».

CC. Oui, heureusement d’ailleurs. Je connais bien Nathalie, une femme remarquable, très compétente, très discrète et qui fait un travail formidable. Je suis naturellement féministe par principe mais féministe de la première heure, c’est-à-dire celles qui ont combattu pour être à l’égal des hommes, mais sans en faire des ennemis car j’adore les hommes. Je me considère comme un être humain légitime dans ce milieu, sans revanche à prendre. Comme l’électron libre que vous évoquiez, Marika. Ce qui compte pour moi c’est d’être reconnue pour la valeur de mes rhums.

MDP. Votre engagement auprès d’associations qui vous tiennent à cœur représente bien la femme que vous êtes et votre état d’esprit, Chantal. Pouvez-vous nous en parler ?

CC. Il est vrai qu’il y a de nombreuses années, j’ai eu la chance de rencontrer Franck Cezilly, un homme remarquable, professeur à l’Université de Dijon et créateur de l’Association Caribaea Initiative. C’est lors d’un voyage en Martinique qu’il s’est rendu compte de la richesse et de la complexité de son écosystème et a voulu faire quelque chose pour aider les îles à protéger leur biodiversité. La Martinique au début, puis tout l’Arc antillais, du Nord au Sud - avec la diversité de Cuba, de la Barbade, de la Guadeloupe etc… Il a notamment eu l’idée de créer des bourses étudiantes pour susciter des vocations de chercheur scientifique parmi les jeunes Antillais qui n’avaient pas les moyens de mener de telles études.

C’est en contribuant à ce partage de savoir que ces derniers vont pouvoir alerter, faire connaître la beauté, la richesse de cette biodiversité antillaise, l’une des quatre plus grandes du monde.

J’étais totalement enthousiasmée par ce projet et j’ai décidé de créer quelques cuvées caritatives « Caribaea Initiative », dont une part des bénéfices est reversée à cette Association. Elles vont d’ailleurs arriver bientôt puisque je les attends fin juin.

PDP. Cet engagement vaut également sur les autres cuvées Tour de l’Or, Arbre du Voyageur désormais ?

CC. Oui, car à présent toutes mes cuvées sont caritatives et j’en suis très fière. Du coup, sur toutes mes étiquettes figure le logo de l’Association qui est la garantie de ma contribution.

PDP. Justement Chantal, parmi ces cuvées caritatives, trois nouveautés s’annoncent. Nous brûlons d’impatience de les recevoir. Vous nous en parlez ?

CC. Oui, trois nouveautés seront dévoilées fin juin. Un « Caribaea Blanc » sourcé chez Maison La Mauny, un « Caribaea vieux » sourcé chez H.S.E, et enfin « La Tour de l’Or Récolte 2010 » également sourcée chez Maison la Mauny.

Alors les « Caribaea » - à prononcer « Caribéa » - sont des rhums plutôt jeunes, frais, fougueux et complexes, dans l’esprit de L’arbre du Voyageur.

J’avoue m’être convertie tardivement au rhum blanc parce qu’à mes débuts, je ne m’intéressais qu’aux rhums vieux et surtout aux extra-vieux. Lorsque j’étais à la Martinique, des amies me disaient « tu sais le rhum blanc, ça sert surtout à faire les vitres, c’est fantastique, ça les laisse impeccables » ! Dans un certain sens elles avaient raison, c’était pour moi beaucoup d’alcool à brûler. Mais là, en trente ans, j’ai assisté à un progrès particulièrement impressionnant. La qualité du rhum blanc m’étonne à chaque fois. On décèle de nos jours une réelle complexité qui n’existait pas à l’époque.

PDP. C’est vrai. Le rhum blanc est aujourd’hui beaucoup mieux travaillé, d’ailleurs les rhumiers accordent plus de temps à sa réduction, au brassage, il est réellement valorisé.

CC. Et aussi les variétés de canne, Philippe, la manière de distiller, la propreté de la vaisselle vinaire… tout ça fait que je trouve que le miracle, c’est le rhum blanc. Du coup je ne m’en suis pas occupée pendant 20 ans mais je le fais désormais depuis 18 ans ! (rires) Malgré tout, je n’en ai pas eu beaucoup dans ma carrière, sans doute 6, ce qui reste peu.

PDP. Quant à « La Tour de l’Or », que nous réserve cette récolte 2010 ?

CC. Je pense que celle-ci va marquer aussi son époque ! Les trois dernières que j’avais sourcées en même temps étaient la 2001, la 2005 et la 2006. Toutes ont été médaillées d’Or au Concours du rhum de Madrid, mais la 2005 s’est également distinguée en remportant le titre de « meilleur rhum agricole du monde » en 2018 ! Elle s’est vendue en quinze jours !

Et pourtant je dois dire que ce n’était pas celui des trois rhums que je préférais forcément. Le 2001 était à mon sens, l’un des trois plus grands que j’ai faits dans ma carrière.

La récolte 2010 qui arrive rejoint cette élégance, cette distinction, ce côté tellement brillant et complexe du 2001. Alors ils ne se ressemblent pas, mais il est magnifique. Vous savez, j’ai besoin d’être folle de mes rhums ! On en revient d’ailleurs toujours à la passion, mon seul guide.


PDP. Et les « Arbre du Voyageur », Chantal ? S’inscrivent-ils dans la continuité de vos précédents embouteillages ?

CC. L’arbre du voyageur, c’est vraiment symbolique des îles. Cet éventail qui vous accueille à l’entrée des plantations, c’est comme le cyprès en Provence, c’est l’arbre qui vous porte bonheur, et qui est un symbole de bienvenue. Donc j’aimais beaucoup le symbole de l’arbre du voyageur, c’est pour cela que je l’ai fait dessiner. D’ailleurs toutes mes étiquettes sont dessinées par de grands artistes, ce sont toutes des œuvres originales. Celui qui a habillé les dernières cuvées Cuvée Caribaea se nomme Cyril Girard, un peintre naturaliste, ancien chercheur. C’était pareil pour la Tour de l’Or qui est le symbole de la Tour de l’Or à Séville qui accueillait les caravelles de Christophe Colomb et du Nouveau monde et représentait donc la porte d’entrée des richesses du Nouveau Monde. Je trouve que c’est un beau symbole de lien entre les Antilles et la vieille Europe, entre la tradition et la nouveauté, l’ancien monde et le nouveau. Tout cela me touche beaucoup.

PDP. Nous arrivons presque à la fin de notre tête-à-tête et souhaitions le clore en vous posant quelques questions ludiques auxquelles nous aimerions que vous puissiez répondre aussi spontanément que possible !

CC. Entendu, je suis prête !

PDP. Chantal, si vous étiez un terroir ?

CC. Je quitte les îles, je serais la Bourgogne.

MDP. Si vous étiez un cocktail ?

CC. Je serais une Caïpirhina ou un Daïquiri rose… Mais s’il n’en faut qu’un, le Daïquiri rose !

PDP. Si vous étiez un accord de mets ?

CC. Je serais un foie gras avec un Sauternes.

MDP. Si vous étiez un rhum ?

CC. Le mien !

PDP. Excellente réponse ! Et si vous étiez un rhum qui n’existe plus, Chantal, un de ces trésors oubliés ?

CC. Je serais la première bouteille que j’ai sans doute mise sur le marché, un Depaz « La Plantation de la Montagne Pelée 1975 ». Un rhum qui m’a fait ressentir une très grande émotion.

Mais si je me tourne vers le présent et l’avenir, il s’agit de ma dernière merveille : « La Tour de l’Or 2010 » qui m’occupe beaucoup l’esprit.

MDP. Si vous étiez un parfum ?

CC. Ce serait Womanity de Mugler. La description du produit repose sur une alliance de plusieurs arômes dont la figue et le caviar… Je trouve qu’il y a un côté gastronomique là-dedans !

MDP. En effet, un tel accord était fait pour vous.

CC. Voilà, c’est MON parfum.

PDP. Enfin, Chantal, si vous étiez une saveur ?

CC. Davantage que le sucre j’aime le sel. Le piment et le citron me font saliver…

MDP. Chère Chantal, ainsi s’achève ce « tête-à-tête » particulièrement riche, que nous aurions pu faire durer encore des heures…

CC. C’est vrai que l’on parle de beaucoup de choses, on pourrait d’ailleurs écrire un livre !

PDP. Merci du temps que vous nous avez accordé. Nous avons hâte de recevoir toutes vos nouveautés et vous disons à très bientôt, à Nîmes ou dans les îles !

CC. Marika, Philippe, merci à tous les deux pour tout ce que vous faites pour ceux qui font du rhum et pour tous ceux qui l’aiment. Vous êtes une référence, vraiment merci beaucoup. Venez me rendre visite à Nîmes quand vous voulez, je serai ravie de vous accueillir.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.