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Rencontre avec François Longueteau, propriétaire de la maison Longueteau

 16 JUIN 2015

François Longueteau

Distillerie Longueteau


Domaine du Marquisat de Sainte-Marie

Guadeloupe


En 2009, nous avions rencontré François Longueteau sur ses terres, le ‘Domaine du Marquisat de Sainte-Marie’. Sur ce domaine, vieux de plus d’un siècle, on produit chaque année 500 000 litres de rhum et on met en bouteille sur site.

En reprenant ce Domaine, François Longueteau a décidé de faire perdurer le rêve de son arrière- grand-père, Henri. La distillerie Longueteau est la plus ancienne de la Guadeloupe mais aussi la plus moderne grâce à la construction d’un chai dédié au vieillissement du rhum.

Ce jour-là, nous l’avions retrouvé au milieu d’un champ de cannes. On entendait au loin le son des vieilles machines à engrenages, actionnées grâce à la vapeur. Nous nous étions installés et avions écouté cet homme discret et posé nous parler de son rhum.


Photo de François Longueteau
Crédit Photo Denis Guyenon

LCDR : Vous avez l’occasion de passer une soirée avec le marquis de Sainte-Marie (premier propriétaire du domaine). Que lui dîtes-vous ?

FL : Je le remercie de nous avoir permis de profiter d’un si beau domaine.

LCDR : Quelles sont, d’après vous, les qualités requises pour diriger une distillerie ?

FL : Ne pas être fainéant, faire preuve de courage et de régularité mais aussi d’abnégation et de diplomatie…

LCDR : Comment se déroule votre journée type ?

FL : Je me lève à 4 heures. Je travaille à mon bureau jusqu’à 6h. Ensuite j’analyse les cuves de fermentation pour une mise en route de la distillerie à 7h. En début d’après-midi, je retourne à mon bureau avant de rejoindre mes équipes dans les champs à 16h, pour la coupe des cannes. Dernier passage à mon bureau en fin de journée et à partir de 21h, j’oublie tout.

LCDR : Quel est votre secret de fabrication ?

FL : Des cannes propres, fraiches et non brulées. Des ateliers de broyage impeccables. Un processus de fermentation et de distillation naturel, très lent et un stockage dans le chai de 3 mois minimum.

LCDR : Quelle est la particularité de votre rhum ?

FL : Le rhum Longueteau dégage un très bon parfum, ne révèle aucun arrière goût et vous évite le mal de crâne des lendemains de fête !

LCDR : Rien ne se fait jamais seul, qui sont les hommes ou les femmes qui vous accompagnent ?

FL : Mon épouse, Dominique. Elle est en charge de la commercialisation et elle est également mon premier soutien dans les moments difficiles. Mes fils. Actuellement étudiants(*), ils me conseillent en terme de marketing et sont disponibles 24h/24h pendant leurs vacances. Il y aussi une équipe de vingt personnes ; des hommes et des femmes fidèles et méticuleux qui participent à la qualité de fabrication du rhum Longueteau.

(*)L’interview a été réalisée en 2009. Depuis, François Longueteau fils a terminé ses études et rejoint les équipes de la distillerie au poste de Responsable Commercial et Marketing. Depuis son arrivée, la marque est notamment présente sur les réseaux sociaux et chaque nouveau lancement fait l’objet d’un kick-off signé Longueteau...

LCDR : Quel est votre meilleur ou votre pire souvenir de récolte ?

FL : Un certain dimanche de mai 1981. Nous partons sur le tracteur conduit par Monsieur Renegat avec pour éclaireur, Monsieur Montagne, épierreur. Dans la parcelle de cannes nommée ‘cauchemar’, la récolteuse flambant neuve avale une énorme roche impossible à extraire. Plus tard,  nous apprenons l’élection de François Mitterand…

LCDR : Que regardez-vous en premier, non pas chez une femme, mais dans un rhum ?

FL : (Rires) Le parfum, en principe… Pour bien prendre le parfum d’un rhum, il faut en verser au creux des mains, les frotter et plonger sa tête dedans. C’est un geste que je répète plusieurs fois par jour, pas toujours dans le but d’effectuer des tests de qualité mais juste pour le plaisir !

LCDR : Si vous le voulez bien, nous allons maintenant jouer au jeu du portrait chinois. Si votre rhum était un des 4 éléments ?

FL : Le feu, pourquoi pas. Oui le feu, cela me plaît bien.

LCDR : Si votre rhum était un animal ?

FL : Ce serait un félin. Un léopard sans doute.

LCDR : Si votre rhum était une femme ?

FL : (Sourire) Ce serait une femme vaillante… et amoureuse.

LCDR : Si votre domaine était un parfum ?

FL : Celui du sucre. Ce parfum si merveilleux qui se dégage le premier jour de la coupe de la canne.

LCDR : Votre cocktail favori ?

FL : Le Ti’punch. J’aime également beaucoup la Pina Colada. Je n’ai pas encore trouvé la recette idéale pour en commercialiser mais ça viendra.

LCDR : Votre expression créole favorite ?

FL : ‘Tien bé rèd pa moli. Cé moli ké raid’ - Tiens bon, ne fléchis pas. C’est si tu fléchis que cela devient difficile. Et ‘Si y bon, di y bon’ - Si cela est bon, dis-le.

LCDR : Quel autre rhum appréciez-vous ?

FL : Tous les rhums de Guadeloupe sont bons. Si je devais en choisir un, à part le nôtre bien sûr, ce serait le Bielle(*).

(*) Le rhum Bielle est produit sur l'île de Marie-Galante

LCDR : Votre devise ?

FL : Ne jamais avoir peur. Même si cela m’arrive encore…

LCDR : Et si c’était à refaire ?

FL : (Long silence) Je le referais, sans aucun doute ! Je m’investis beaucoup quitte à passer à côté d’autres plaisirs ... mais cela vaut le coup. J’ai le sentiment que ce combat quotidien répond à mes convictions les plus profondes. L’important, c’est de se battre !